Par Félix Brun – Lagrandeparade.fr/ « Nous nous enfonçons dans la mort de ceux que nous aimons comme dans un buisson épineux, traversé mains tendues. Nous sortons de l’autre côté merveilleusement écorchés. » Un cri comme une plainte, un déchirement quand l’absence s’impose, quand les souvenirs rejaillissent et cinglent l’esprit, quand l’amour inaltérable domine et ne faillit pas.
[bt_quote style= »default » width= »0″]Le premier carnet que j’ai écrit pour toi avait une couverture myosotis. Il contenait tous mes trésors : un peu d’encre sur un peu de neige et la feuille d’or frissonnante d’un silence. [/bt_quote]
Noireclaire, la mort et la vie au féminin, la disparition de Ghislaine encore jeune, tourmente, obsède Christian Bobin. « Le manque est la lumière donnée à tous. » Deux recueils étonnants et singuliers par leurs dédicaces… « Pour Ghislaine qui m’a aidé à porter le secret de la faiblesse du monde »… « Pour Ghislaine ce livre hanté ».
Deux livres courts qui attestent qu’au-delà de la mort, de la peine, de la solitude, la vie perdure et que celui qui reste peut à travers la mémoire rester résolu et courageux. L’écriture est limpide, sobre, passionnée, empreinte d’une poésie fébrile. Christian Bobin entraîne le lecteur à la méditation dans son monologue avec Ghislaine disparue. Une réflexion particulière sur la poésie : « Le poète perce quelques trous dans l’os du langage pour en faire une flûte. Ce n’est rien mais ce rien parle de l’éternel. » Un émouvant et magnifique moment de lecture.
Noireclaire précédé de Carnet du soleil
Editions: Gallimard
Collection : Folio (n° 6498)
Auteur : Christian Bobin
Parution : 07-06-2018
Prix : 6€


