Cathy Galliègue : l’orpailleuse de l’amour

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la nuit je mensPar Guillaume Chérel – Lagrandeparade.fr/ « Oui, j’aurais vécu dans une poubelle, sous les bombes, j’aurais braqué une banque pour acheter son petit doigt, et qu’il m’effleure enfin. Je lui aurais offert les femmes, celles dont il rêve – peut-être -, pour qu’au petit matin il s’endorme, repu et épuisé, la tête sur mon sein. J’aurais versé mes sacrifices sur l’autel d’un amour impossible, j’en aurais fait mon chemin de croix, je me serais ensevelie vivante et il serait venu s’agenouiller sur ma butte. Et j’aurais ri, la bouche pleine de terre, j’aurais méprisé et adoré cet homme incapable d’aimer debout. »

Ne serait-ce que pour ce passage, il faut lire « La nuit, je mens », premier roman de Cathy Galliègue, titre tiré d’un album d’Alain Bashung, sorti en 1998, Fantaisie militaire, dans lequel il prononce ces mots : « J’ai fait l’amour, j’ai fait le mort ». Mathilde a aimé Guillaume, un « paumé » de la vie, qui aurait dû naître ailleurs ou jamais. Ils se sont aimés, ils se sont séparés. Quand le roman commence, Mathilde, qui a une sœur jumelle, vit avec Gaspard, lorsqu’elle apprend que le fameux Guillaume, son premier amour de jeunesse, s’est suicidé après avoir laissé une lettre pour elle. Peut-on vivre dans le regret d’un amour défunt ? Doit-on accepter le présent confortable qui nous tend les bras ? Un ménage à trois est-il possible, surtout lorsqu’il s’agit d’un fantôme ?
Osons écrire que s’il y a bel et bien des romans féministes, il y a aussi des romans sensiblement féminins… Il n’y a que les femmes pour aimer jusqu’à la folie. Ne pas savoir cela c’est ne rien n’y comprendre à l’amour, donc aux femmes. La preuve, ce sont elles qui lisent des romans, en grande majorité. Et on n’a pas fini d’en écrire, des romans d’amour, ce, depuis que la littérature existe. Sujet éternel s’il en est.
« La nuit, je mens / Je prends des trains à travers la plaine.
La nuit, je mens / je m’en lave les mains », chantait Bashung.
Cathy Galliègue vit en Guyane, où elle est allée – en avion – avec un bel aventurier. Elle y promène, à Cayenne, sa belle chevelure de lionne rousse, laquelle ressemble à un bout de forêt amazonienne. Et dans cette tête-forêt, il y a des mots qui sont comme des pépites d’or. Vivement la nouvelle pirogue de cette nouvelle orpailleuse des lettres…

La nuit, je mens
Editions : Albin Michel
Auteure : Cathy Galliègue
Prix : 16 €
Parution : 3 avril 2017

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