Stavanger : une pièce d’ambiance où rôde la mort obsédante

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StavangerPar Edith Huguet – Lagrandeparade.fr/ L’avocate Florence Bernstein repêche un jeune homme prénommé Simon baignant parmi les rails du quai numéro cinq. Il accepte de la suivre chez elle, fébrile, gelé, apeuré. Emmitouflé sous son bonnet, il exprime des attitudes juvéniles d’adolescent. Elle, mystérieuse, envoûtante, l’air serein le réconforte, l’apprivoise et paraît vouloir lui redonner l’envie de jouir de la vie. Ils se découvrent alors un point commun: Stavanger, une ville portuaire de Norvège.

Ce couple paradoxal évolue dans un décor sobre et glacial ; cette ambiance glauque accentue les appréhensions de Simon. La relation qui se tisse dans ce huit-clos nous trouble et rapidement notre discernement est altéré : qui sont ces êtres déconcertants que tout semble opposer ?
Elle, séductrice libérée, se grise de champagne, le malmène puis le rassure et l’étreint. Lui a la désespérance d’une bête traquée.

[bt_quote style= »default » width= »0″]La solitude des malheureux,ça se partage ô le bonheur.[/bt_quote]

Elle se livre ensuite à demi-mot : l’évocation de lourds secrets de famille, les douleurs de l’enfance : Simon cherche encore à fuir mais dans cette nuit enveloppante, elle va obtenir de terribles confidences. Les bruits lointains des trains, les voix en écho qui semblent provenir des spectres du firmament distillent avec parcimonie leurs sons feutrés. L’atmosphère se brouille, la mort rôde obsédante. Est-ce réel? Ces deux êtres meurtris se regardent en miroir. L’émotion est à son comble, suscitée par des regrets ; tous deux semblent si proches . »Les remords enneigés repêchés sur les rails » s’étiolent. Leur relation s’immobilise dans le brouillard des pensées…
 
Intimiste et profonde, cette « pièce d’ambiance » d’Olivier Sourisse met l’accent sur les « non-dits » et le pouvoir salvateur de la réconciliation. La mise en scène de Quintin Defalt est pertinente, s’employant à « révéler les contrastes, à dérouler le fil d’une pelote de sentiments emmêlés » avec brio. Elle est servie par la talentueuse interprète Sylvia Roux et Thomas Lempire qui campe avec justesse ce jeune homme éperdu. A voir!

Stavanger
Interprète(s) : Sylvia Roux, Thomas Lempire
Mise en scène : Quentin Defalt
Assistante : Alice Faure
Scénographie : Agnès De Palmaert
Lumières : Olivier Oudiou
Costumes : Mine Vergès
Création sonore : Ludovic Champagne
Attaché de presse : Vincent Dumont
Régisseur : Rodrigue Louisar

durée : 1h15

Dates des représentations :

– Du 7 au 30 juillet 2016 à 16h50 – L’ARRACHE-COEUR ( 13, rue du 58ème R.I Porte Limbert – 84000 Avignon ) – Festival Avignon Off

– Du 17 février au 29 avril 2017 au Studio Hebertot ( 78bis Boulevard des Batignolles, 75017 Paris)

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